J’ai toujours aimé le printemps.
J’aime quand la sève qui remonte dans les arbres
fait jour après jours verdir mon jardin et transforme mon cerisier en un
immense bouquet blanc ;
J’aime entendre les chants des oiseaux quand tout est encore silencieux le matin, particulièrement les trilles du pinson qui
partagent la mangeoire de nos préférées : les mésanges. Elles ont,
années après années, adopté le nichoir posé dans le creux des branches
du cerisier et je ne me lasse pas de voir leur ballet incessant quand elles préparent leur nid pour leur premières nichée.
Toune aussi aimait le printemps ; elle se
réjouissait tout comme moi d’écouter les chants des oiseaux dans le
petit matin, de voir son jardin se colorer.
Elle est morte au printemps quatre jours après la date anniversaire de notre naissance.
J’étais près d’elle ce 22 avril 2011, la veille du
weekend de pâques. Sous morphine, Toune dormait et je ne voulais pas
penser que c’était notre dernier anniversaire ensemble. En réa, il ne
m’était pas autorisé de t’offrir des fleurs ni quoi que ce soit
d’autres. Tous ces tuyaux qui la maintenaient en vie ne laissaient que
peu d’accès à son corps. Je l’ai embrassée sur le front, alors que je
souhaitais fortement la serrer dans mes bras. J’ai gardé ma main dans sa main, avec l’espoir ô combien illusoire que mon énergie vitale pouvait se transfuser à elle.
J’ai compris après coup, que la décision de
débrancher tous les appareils était déjà prise et que l’équipe de réa
aurait préférer le faire la veille de ce Weekend Pascal. En réa comme
dans les autres services de l’hôpital il y a évidement moins de
personnel le WE.
Mais peut on décemment accepter de faire coïncider une date de naissance avec une date de décès ?
Quoi qu’il en soit, ces deux dates restent très
proches .Toune est morte le mardi qui a suivi le WE, soit 26 avril et
dorénavant ma date anniversaire reste intriquée avec celle de sa mort.
Le printemps n’a plus désormais la même saveur.
Je survis à cette perte avec ce qui ressemble à une
blessure béante qui ne peut se refermer. Nous étions des jumelles
« dizygotes »comme disait Toune.
Punaise qu’est ce que ça serait si nous avions été homozygotes

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