vendredi 6 mai 2011

l'absente

Je suis retournée la voir après sept semaines d'interruption due aux vacances. (Elle, ma psy, en a beaucoup plus que moi)
J'y allais à reculons, l'angoisse suspendue entre elle et moi ; sans que j'en comprenne bien la raison ; j'ai un moment envisagé de ne pas y retourner. A quoi bon ? à deux ans de la retraite, non, deux et huit mois grâce à notre très, très cher président et toute sa clique.
J'avais repris le travail depuis trois semaines et déjà, la haute idée que j'ai de mes compétences, traçait son chemin intérieur.
Quel miroir de vous même on vous a tendu enfant ?
Qu'est-ce que vous avez vu dans le regard de votre mère et de votre entourage ?
Je ne sais pas ; j'ai tout oublié.
Qu'est ce qui nous reste de ces semaines qui ont suivi notre naissance ?
Je sais que je suis restée plus longtemps que ma sœur jumelle en couveuse, alors qu'elle était beaucoup plus fragile que moi. Qu'on nous y a baptisées en urgence.
L'espérance de vie de ma sœur étant si incertaine, le personnel de la maternité a peut être pensé qu'elle devait être près de sa mère.
Je sais l'angoisse de ma mère face à cette enfant avec un cœur comme une passoire, constamment malade et hospitalisée pour être mise sous oxygène.
J'ai longtemps espéré être malade comme elle, pour qu'on m'hospitalise moi aussi. Je crois y avoir d'ailleurs réussi une ou deux fois. Quand j'ai vu ma sœur sous sa tente à oxygène, je me souviens que je ne l'ai plus du tout enviée d'être malade.
Plus de six mois par an, pour passer l'hiver loin de l'humidité bretonne, elle devait partir dans un aérium dans les alpes du sud.
Toutes les pensées de ma mère se tournaient alors douloureusement vers l'absente.
L'image dans le miroir :La douleur de l'absence ...


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